Information et rumeur

Tout observateur de bon sens le confirmera: la rumeur précède l’information.

D’une certaine façon, la rumeur prépare l’opinion aux bonnes ou mauvaises nouvelles. Mauvaises surtout, car les bonnes empruntent plus facilement les voies officielles, au grand bénéfice de ceux qui les annoncent. Eviction/démission de tel ministre, plan social, prise d’otages,…font largement l’objet d’une rumeur avant habile distillation de la triste nouvelle.

Et pourtant, en ces temps « normaux », l’inattendu est arrivé dans les derniers jours.

Laissons de coté les incroyables déclarations d’un sous-ministre sur la soi-disant libération d’otages aux Cameroun. On connait des journalistes qui se sont faits virer pour moins que cela.

Prenons simplement l’actualité politique avec l’ouverture d’une information judiciaire pour Jérôme Cahuzac et la mise en examen de Nicolas Sarkozy.

Chacune de ces informations ont pris de cours les commentateurs de tout poil, obligés de s’en rapporter aux faits pour nourrir un point de vue.

Enfin un peu de spontanéité, sinon de naturel, voire de sincérité dans les « réactions ».

L’avantage de l’impréparation est qu’elle révèle la personnalité (apparente), au mieux le caractère du commentateur.

Ecartons, bien sûr, les tempéraments généreux, comme celui de Nadine Morano, dont les excès fondent en partie le charme.

Plus intéressant, l’emportement d’Henri Guaino, qui rappelle que cet homme de mots, aux écrits quelquefois malheureux (discours de Dakar), reste sous influence de son maître en matière de colères plus ou moins feintes.

Les vigiles de la démocratie, comme le Canard enchainé n’avaient rien vu venir: pan sur le bec!

Bien sûr, le moment de surprise passé, le commentaire sur le commentaire reprend la main. La rumeur va bon train alimentant les gazettes. L’émotion entretenue par les seconds couteaux, se vend mieux que la réflexion. Mais les acteurs se montrant chiches en images, l’intérêt ne peut que se tarir, faute de combustible.

En attendant un prochain épisode, illustré s’il vous plait?

Pino amusé